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Publié le 26-03-2009

Remise de l'Ordre National du Mérite par la République de Colombie


Source : www.apaec.org  ( tous droits réservés )


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Remise de l’Ordre National du Mérite,

grade d’Officier, par la République de Colombie à Bernard Tomianka,
président de l’Association des parents adoptifs d’enfants colombiens (7 octobre 2003)

Ce n’est pas à moi qu’échoit cette décoration, mais à vous, à nous tous. Et quel honneur ! C’est la reconnaissance par la nation de naissance de nos enfants de tout le travail réalisé par l’APAEC.

Bien plus, c’est la légitimation par un pays d’origine de l’institution de l’adoption internationale selon notre concept français. C’est la confirmation par la plus haute institution colombienne du bien-fondé de la confiance qu’elle nous a accordée en nous permettant de recueillir ses enfants pour en faire les nôtres. Cette médaille, que j’ai acceptée avec joie et honneur, c’est à vous tous que je la dédie, ce « vous » associant collectivement tous les parents et tous les enfants de l’APAEC depuis sa création.


B.T.


Communiqué de presse

Bernard Tomianka, président de l’Association des parents adoptifs d’enfants colombiens, va être décoré de l’Ordre National du Mérite, grade d’Officier, par la République de Colombie.

Son excellence Monsieur Miguel Gómez-Martínez, Ambassadeur de Colombie en France, lui remettra cette distinction le mardi 7 octobre, à 18h30, à la Maison de l’Amérique Latine1 (Paris).

La république de Colombie entend ainsi remercier l’association “ pour les grands et loyaux services rendus ” au pays d’origine du plus grand nombre d’enfants adoptés à l’étranger par des Français. Par ce geste, monsieur Miguel Gómez-Martínez renouvelle sa confiance et sa sympathie à tous les bénévoles de notre association, dont le but essentiel depuis vingt-deux ans est la défense des intérêts des enfants adoptés en Colombie et de leurs familles, et l'information des futurs parents et de toute autre personne intéressée par ce sujet.
Cette décoration constitue un geste extraordinaire de reconnaissance d’un pays d’origine des enfants en direction de tous les parents adoptifs français.
Depuis 20 ans, ce sont en moyenne 200 enfants colombiens qui rejoignent chaque année une famille française. Si ces deux dernières années, la Colombie est devenue le premier pays d’origine des enfants adoptés à l’étranger par des Français (avec près de 400 enfants par an), c’est principalement parce que la clarté des procédures s’inscrivant dans le cadre de la Convention de La Haye et le respect de l’intérêt de chaque enfant placé en protection rassurent les futurs parents désireux d’inscrire leur démarche dans un processus le plus clair possible.

DISCOURS DE S.E. MIGUEL GOMEZ M. AMBASSADEUR DE COLOMBIE EN FRANCE LORS DE LA REMISE DE DECORATIONS AUX CITOYENS FRANÇAIS JEAN BESSON ET BERNARD TOMIANKA

Paris, le 7 octobre 2003

Nous sommes aujourd’hui réunis pour une cérémonie très spéciale. La République de Colombie distingue deux citoyens français qui ont œuvré pendant des années en faveur de nos deux nations. Il s’agit d’un tout petit geste pour remercier une immense labeur envers notre pays. Chacun dans son domaine, a consacré son temps et ses efforts à des thèmes qui ont une grande portée tant en Colombie comme en France.

Cette soirée est la leur. Nous voulons qu’ils sentent la profonde reconnaissance que le peuple et le gouvernement colombien leur portent. Nous souhaitons, par ce simple hommage, leur montrer combien nous apprécions leur travail et l’importance qu’ils ont à nos yeux.

Jean Besson, en sa qualité de Député, a été pendant des années le Président du Groupe d’Amitié franco-colombien à l’Assemblée Nationale française. Dans cette fonction il a poursuivi un travail efficace par les liens politiques et amicaux qu’il a noués entre les institutions colombiennes et les françaises. Il s’est rendu des nombreuses fois en Colombie. Il s’est engagé dans la recherche pour la paix. Il a participé à des réunions avec les groupes guérilleros. Il a tout fait pour essayer de comprendre notre complexe réalité et chercher des solutions au conflit. Mais sa contribution la plus importante a été, sans aucun doute, son engagement à expliquer en France la réalité de la situation colombienne. Il s’est approché de tous les groupes politiques français pour apporter sa connaissance de la Colombie et ses conseils. Plusieurs de mes prédécesseurs à l’Ambassade de Colombie en France, beaucoup de Ministres d’Etat colombiens et plusieurs présidents de la République ont écouté ses appréciations sur le rôle de la France et de l’Union Européenne dans la solution de nos difficultés internes. Je peux témoigner que Jean a toujours été disponible pour tout ce qui touche la Colombie. Il nous a apporté son soutien avec courage et détermination. Grâce à son honnêteté et transparence il nous a guidés lorsqu’un quelconque aspect de notre politique interne pouvait perturber l’amitié franco-colombienne. Depuis quelques mois, Jean Besson n’est plus Député à l’Assemblée Nationale mais il continue d’être notre porte-parole le plus efficace et engagé.

L’autre personne que l’Etat colombien souhaite honorer aujourd’hui c’est Bernard Tomianka. Beaucoup d’entre vous le connaissent et savent qu’il est le Président de l’Association des Parents Adoptifs d’Enfants Colombiens (APAEC). Créée il y a une vingtaine d’années, alors que mon père était Ambassadeur de Colombie en France, l’APAEC est l’un des organismes qui oeuvrent en faveur de l’adoption, par des familles françaises, d’enfants colombiens abandonnés. Elle guide les familles adoptantes. Elle fait le suivi de tous les thèmes qui ont trait à l’adoption. Elle soutien le gouvernement colombien et est toujours prête à défendre les causes et l’image de notre pays en France. Mais, ce qu’il y a de plus émouvant, c’est le travail qu’elle réalise pour les enfants une fois qu’ils ont été adoptés. Il n’y a pas un événement en France qui fasse référence à la Colombie, où l’APAEC n’y soit pas avec son stand de volontaires, ses drapeaux colombiens, ses sourires et sa joie, j’en fais foi. Quant on voit ces parents français on a l’impression qu’ils sont plus colombiens que les vrais colombiens. Chaque année plus de 300 enfants colombiens trouvent une deuxième opportunité de bonheur dans leur vie. Les foyers français qui les reçoivent avec joie leur donnent l’amour et les possibilités que la vie leur avait injustement refusés. C’est dans cette œuvre merveilleuse que l’APAEC, avec tout le charisme que Bernard y apporte, joue un rôle primordial.

Bien que Jean et Bernard aient travaillé dans des domaines très différents, ils sont unis par un point commun : leur amour pour la Colombie. Dans la vie, les œuvres réalisées avec amour et désintéressement sont les plus importantes. Elles grandissent ceux qui ont la volonté de les mener à bien. Aujourd’hui vont être décorés deux grandes hommes à qui nous devons le respect et l’admiration. Aujourd’hui mon pays souhaite les distinguer en tant que fils adoptifs de notre nationalité. Nous voulons leur dire qu’il n’existe pas des paroles pour exprimer notre reconnaissance pour le travail qu’ils ont accompli tout au long de tant d’années, que nous avons besoin qu’ils continuent à œuvrer pour la Colombie. Nous voulons leur dire, du fond du cœur GRACIAS, MUCHAS GRACIAS.

DISCOURS DE BERNARD TOMIANKA, PRESIDENT DE L'APAEC,LORS DE LA REMISE DE DECORATIONS

Paris, le 7 octobre 2003

Monsieur l’Ambassadeur, mes bien chers amis,
C’est avec beaucoup d’émotion que je reçois cette distinction parce qu’elle m’est remise par le représentant du pays natal de mes enfants. J’ai néanmoins un regret, c’est que le revers de ma veste n’est pas assez large. En effet, en épinglant cette médaille sur mon costume, c’est plusieurs dizaines de milliers de familles que vous venez de distinguer, Monsieur l’Ambassadeur. A travers moi, c’est une association, un mouvement, une institution que vous honorez.
L’association c’est l’APAEC, l’Association des Parents Adoptifs d’Enfants Colombiens. Vous la connaissez bien. Au cours du pique-nique de notre association à Toulouse en juin dernier, vous nous avez fait le bonheur de nous dire qu’à l’APAEC vous vous sentiez comme chez vous. Je vous répondrais tout simplement que c’est tout à fait naturel, parce qu’à l’APAEC vous êtes chez vous.

Le mouvement, c’est ce ralliement de tous ces parents adoptifs français qui ont décidé de pérenniser une idée généreuse de notre pays, France terre d’accueil, celle de la trilogie que l’on retrouve aux frontons de nos mairies, de nos écoles, de nos édifices publics et que certains de nos compatriotes ont tendance à oublier... Dans ce contexte, avouez qu’il est bien agréable de faire partie d’un mouvement qui s’intitule Mouvement pour l’Adoption Sans Frontières.
L’institution, c’est l’adoption à la française, un concept qui revendique la dualité des procédures, par démarche individuelle ou par un organisme agréé. Sur ce plan comme sur beaucoup d’autres, nos deux pays sont parfaitement en phase et la Colombie peut témoigner du bien-fondé de ces modalités.
Une association, un mouvement, une institution, des dizaines de milliers de foyers, vous comprenez maintenant pourquoi mon revers est trop petit !
Cette distinction que vous venez de me remettre, nous tous, parents, la ressentons profondément comme la reconnaissance par un pays d’origine du travail effectué par les parents français, la légitimation de leur amour pour leurs enfants mais aussi comme la confirmation des responsables de votre pays d’avoir pleinement réussi leur pari, d’avoir eu raison de nous faire confiance en nous confiant leurs enfants pour qu’ils deviennent les nôtres.

Les enfants de l’Adoption Internationale portent en eux un message de fraternité. Ils incarnent la mondialisation telle qu’on souhaite la vivre, celle qui s’enrichit des différences des peuples, qui respecte les cultures et pas celle qui tente d’imposer un modèle culturel unique.
Ces enfants qui sont aujourd’hui les nôtres n’ont pas oublié qu’ils ont été les vôtres, Monsieur l’Ambassadeur, et ne l’oublieront pas. Je n’irai pas jusqu’à parler ici du mythe de la double culture. Ils sont Français, vivent en France et ont des copains français avec lesquels ils parlent français. Toutefois, la Colombie fait intégralement partie de leur histoire. Le mot Colombie, les événements colombiens, qu’ils soient tragiques ou joyeux, éveillent leur attention. Ils savent où ils sont nés, d’où ils viennent et les circonstances de leur histoire souvent mouvementée et douloureuse... Heureusement pour eux, ce n’est pas tous les jours qu’il y a un match de foot entre la France et la Colombie. Néanmoins, même si choix est alors difficile, une chose est absolument sûre : c’est leur pays qui a gagné, même si le penalty est litigieux. Je n’ai d’ailleurs pas vu de différence lorsque Maria et Alejandro, vos propres enfants, sont venus avec vous à Toulouse, jouer, plaisanter et vivre avec les nôtres l’espace d’une après-midi ensoleillé Lesquels étaient les plus français ? Lesquels les plus Colombiens ? Rien que des enfants heureux d’être ensemble. Quel bonheur que nos enfants sachent abolir les frontières. Pourvu que tout au long de leur vie, ils sachent bannir toutes les barrières, quelles qu’elles soient.

Il est vrai que la Colombie est pour nous synonyme de la rencontre avec nos enfants, un des moments les plus forts de notre vie, le plus fort peut-être. Mais nous y avons fait d’autres rencontres. Le pays lui-même tout d’abord, et sa beauté noble et sauvage à la fois. Et le peuple colombien. Je voudrais lui rendre ici hommage. Les médias, toujours avides de trains en retard ou d’avions qui s’écrasent, nous présentent la Colombie comme un pays tragique et dangereux, où règnent la violence, l’anarchie guerrière et la drogue. Nous, nous pouvons témoigner que nous y avons découvert un peuple de couleurs, de musiques, de flamboyance et de chaleur. Un peuple de courage, un peuple courageux, que les difficultés de la vie n’empêchent pas d’être souriant, accueillant et chaleureux vis-à-vis de l’étranger qui vient chez lui. Nous avons tous des souvenirs émus d’amitiés humaines fortes et profondes et aucun d’entre nous n’est revenu tout à fait indemne d’un périple en Colombie. Tous nous y avons laissé des liens solides d’amitié et chaque jour, nos enfants nous attachent un peu plus à votre pays.

Ma canne et maintenant cette médaille me donnent une certaine forme de respectabilité et je crois que je peux entrer dans la catégorie des personnes aptes à recevoir des égards. J’en profiterais donc très lâchement pour vous demander la permission d’appeler près de moi ceux sans qui je ne serais pas ici ce soir, face à vous, ce qui serait bien dommage. J’appelle donc à me rejoindre ceux qui composent ce que notre amie Betty Pilar d’Ibagué avait appelé la « Tribu Tomianka », Annie, Mariana et Xavier.
Et pour conclure, je voudrais vous parler d’une tradition très forte lors des mariages juifs. On demande au marié de casser un verre. Il s’agit en fait de rappeler à tous que même dans les moments de plus intense bonheur, il ne faut pas oublier que tout n’est pas rose, qu’il y a des souffrances proches de nous. Ce verre, qui symbolise le Temple de Jérusalem détruit et dont la reconstruction sera synonyme de Paix Universelle, représente également tous les soucis, toutes les épreuves, tous les malheurs que le couple aura à affronter. En brisant ce verre, ce sont tous les soucis que l’on brise. Alors puisqu’aujourd’hui, vous me conviez à renforcer mes épousailles avec la Colombie, j’aimerais que tous ensemble on brise moralement un verre. Dans ce verre on y aura enfermé tous les malheurs de la Colombie : la sale guerre, la violence, les séquestrations, les déplacements de population et en souhaitant très fort la chose la plus importante que l’on puisse offrir à ce peuple magnifique : ¡ojalá haya paz ! S’il pouvait y avoir la paix !

    
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