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Publié le 23-03-2011

Ecole sociale de football de Ciudad Córdoba (Cali)


Source : www.apaec.org  ( tous droits réservés )


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L’Apaec a choisi d’apporter une aide à hauteur de 1000 euros à une école de football social à Ciudad Cordoba, un quartier de la ville de Santiago de Cali, en 2011, pour l’achat de 65 tenues de sport, de matériel pour la trousse à pharmacie et du matériel sportif.

Les objectifs généraux de cette structure sont :


Initier les enfants et les jeunes du quartier Ciudad Córdoba de la Commune 15 à la connaissance et à la pratique du football.
Améliorer les relations des jeunes entre eux et entre eux et d'autres jeunes d'autres quartiers.
Lutter contre la désertion scolaire, améliorer les relations intra familiales, offrir un appui social aux familles
Améliorer la qualité de vie de ces jeunes
Former sportivement les enfants en respectant leurs possibilités
En cas de détection de joueurs particulièrement talentueux, les présenter à des écoles ou des clubs de football professionnels.

Quels sont leurs buts et  leurs moyens ?


Une occupation saine : Le football sert à occuper les enfants de facon saine, d’éviter qu’ils traînent dans la rue et fassent de mauvaises rencontres, mais cela permet aussi de travailler au niveau de la famille. Aucun enfant ne peut participer sans que un des entraîneurs ait rencontré ses parents et parlé avec eux. La plupart rêvent de devenir des champions, mais on leur permet surtout d’essayer de s’en sortir en ayant de meilleures règles de vie.
Vivre ensemble et refuser la guerre des pandillas : Cristian Aguirre, à l’origine de cette structure:  “ Au debut, ils confondaient terrain de football et terrain de boxe. A la fin de chaque partie, ils se battaient. Nous sommes arrivés a éviter cela et maintenant, les gagnants et les perdants se serrent la main à la fin du match.”
“Nous accueillons des enfants de Ciudad Córdoba, Mariano Ramos, Morichal, Republica de Israel, El Retiro et des invasions Vallado, Mojica et Los Lagos.  Nous ne les mélangeons pas d’un coup, mais intégrons les nouveaux venus petit a petit, car l’idée est qu’ils arrivent à jouer ensemble pour lutter contre le phénomène de bandes. Si nous n’avions accepté que des jeunes d’un seul secteur, nous aurions renforcé cette guerre entre bandes.”
Lutter contre la désertion scolaire : “ Nous demandons les résultats scolaires, et un jeune qui a séché l’école ou dont le travail est insuffisant fera moins de matchs (nous ne les retenons pas pour les rencontres contre d’autres clubs). Comme ils adorent le foot et veulent jouer, cela les stimule pour travailler a l’école.” Dans ce cadre, un enseignant aide les enfants dans certains travaux de façon sporadique (pas de locaux, pas de matériel spécifique, mais de la bonne volonté), Cristian aide les 9-16 ans dans le domaine des mathématiques. Certains ne sont pas scolarisés car les parents n’ont pas trouvé de places dans une école. Une mère de famille essaie de maintenir ceux-là à niveau en attendant qu’ils réintègrent l’école.
Travailler avec les familles :  “ Nous faisons des visites a domicile pour parler avec les parents et comprendre les situations. Un enfant me disait récemment que sa mère préfèrait son frère car lui travaille et ramène de l’argent au foyer. Nous expliquons aux parents qu’élever un enfant ce n’est pas simplement lui donner à manger et le nourrir. Qu’on ne doit pas le frapper mais lui donner des règles. Nous les aidons à fixer ces règles en leur expliquant qu’ils doivent aller se coucher à un horaire fixe, ne pas rester colllés devant la télévision, discuter avec leur famille, qu’il faut les encourager à travailler à l’école, des choses basiques mais qui ne sont pas appliquées dans leur foyer.”
Sur le terrain :  “Quand nous avons des blessés ou des bobos, je les masse et je me fais aider d’un soigneur du Deportivo qui  m’a expliqué quelques pathologies pour que je puisse les aider. Sinon, je connais quelqu’un au centre de réhabilitation sportive de Tequendama qui nous en facilite l’accès a peu de frais.”
“Le terrain de foot sur lequel nous jouons n’est pas de bonne qualité (Note de Guylaine : je confirme, c’est un terrain vague) et les ballons s’usent facilement avec les fils barbelés et les épines des arbres. Celui d’à côté se loue 60 000 pesos pour deux heures. Toutefois, pour motiver les enfants, ils nous arrive de le louer pour certaines occasions, on nous fait un prix à 40 000 pesos et nous jouons à trois groupes pour qu’un maximum d’enfants en profitent.”

Les bénéficiaires :


Catégorie Pony’s (enfants nés en 2002-2003) :         22.
Catégorie Baby’s (enfants nés en 2000-2001) :         20.
Catégorie Gorriones (enfants nés en 1999-1998) :      30.
Catégorie Infantiles (enfants nés en 1997-1996) :     15.
Catégorie Pre Juvenil (enfants nés en 1995-1994) :     30

Il y a trois entraînements de 1h30 par semaine, le samedi matin ils viennent au tournoi de l’Université du Valle et le dimanche, les Baby’s, Gorriones et pre juveniles participent aux tournois départementaux. Les autres participent à des tournois amicaux dans le quartier.
Pour ceux qui peuvent payer, il est demandé aux parents d’acheter la tenue de sport (25 000 pesos sans les chaussures). Mais il n’y a pas de frais d’inscription.

Qui mène ce projet à Cali :


Cristian Aguirre a 21 ans en 2011. Il a terminé ses études secondaires, qu’il a suivi dans une institution du sud de la ville, accueillant des enfants sous protection de l’ICBF dans son internat, mais également des enfants qui ne sont pas sous protection mais dont les parents n’ont pas les moyens d’assurer la subsistance (alimentation, hébergement, soins au quotidien). Il a ainsi bénéficié durant sa jeunesse d’un appui social.
Il a terminé son cycle secondaire, a passé avec succès l’ICFES, lui permettant d’accéder à l’université. Son bon niveau scolaire lui a permis d’intégrer l’Université del Valle, publique et de bonne qualité, et moins chère car la sélection se fait avec le niveau d’entrée. Il a suivi trois semestres en licence d’Education populaire, et n’a pas encore commencé le quatrième semestre (donc la fin de la deuxième année), pour des raisons économiques et de temps (ses diverses activités lui permettant de payer ses études et celles bénévoles empiètent sur le temps de l’université, il espère toutefois pouvoir s’inscrire avant la fin de l’année au quatrième semestre)
Repéré sur un terrain de football il y a quelques années, il a été recruté par le Deportivo Cali. Il y a deux clubs de football professionnels à Cali, le Deportivo et l’America. Cristian est donc devenu  entraîneur professionnel pour les 10-11 ans du Deportivo Cali, activité rémunérée qu’il exerce le matin. De 16 h a 18 h, il travaille pour le tournoi de l’Université du Valle et est également rémunéré.
Et de 19 h à 21 h, il entraîne bénévolement les 16-17 ans de l’école de football de Ciudad Córdoba dont il est à l’origine de la création.
Il est aidé de Javier Brand, 39 ans, qui a un petit négoce familial de nettoiement de vêtements, et José Agusto Cortez, 33 ans, leader communautaire travaillant dans le bâtiment. Tous ceux qui entraînent et encadrent sont bénévoles.

Les ressources de l’école de football :


Elles sont minimes et au coup par coup. Dès que Cristian reçoit une aide en argent ou nature, il l’investit (maillots, ballons, goûters, barbecue, célébration de Noël)
-    Fin 2010, un loto qu’il a organisé avec des parents et des leaders communautaires a permis de gagner 2 M de pesos
-    La communauté s’organise autour des leaders communautaires, ceux qui ont un peu d’argent donnent quelque chose et cela permet d’offrir un goûter le dimanche
-    Les parents des sportifs du Deportivo (où il entraîne les jeunes le matin contre rémunération) sont des personnes plus fortunées qui donnent de temps à autre quelque chose pour organiser un barbecue, un goûter ou une sortie pour ceux de l’école de Ciudad Córdoba, car ils connaissent les activités bénévoles de Cristian.
Cela permet de faire un chocolat avec un pain ou une salade de fruits le dimanche, donc un petit appui alimentaire et un moment convivial pour resserrer les liens.

Projet réalisé en février 2011 :


Du 18 au 28 février, 18 jeunes de l’équipe de Ciudad Córdoba ont participé à un tournoi à Guayaquil (Equateur) où l’école a été invitée. Le voyage a coûté 450 000 pesos / personne, deux entraineurs et une personne dans le paramédical ont accompagné et encadré les sportifs. Cristian a trouvé les fonds notamment en organisant des loteries et avec l’aide de leaders communautaires et des parents. Une sacrée opportunité pour tous ces jeunes qui ne sont jamais allés au-delà des quartiers de Cali qu’ils fréquentent habituellement.

A noter  :


Cette école fonctionne avec l’appui de leaders communautaires. Ce n’est pas une reconnaissance administrative, mais une reconnaissance de la communauté, et force est de constater sur le terrain que c’est cela qui compte.
La communauté se prend en charge : leaders, parents, encadrants sont bénévoles et agissent pour le futur de leurs enfants
Avec très peu de moyen, beaucoup d’enfants bénéficient d’activités récréative et sportive. Les entraînements ont lieu tous les soirs de la semaine et les matchs le dimanche.
Il s’agit d’un quartier de sisbén 0 et 1, qualifié de dangereux à Cali. Tous les jeunes de 16 et 17 ans que j’ai vu se présenter à l’entraînement m’ont salué poliment car j’étais attablée à une terrasse avec leur entraîneur et ont attendu le feu vert pour aller sur le terrain.
Je trouve très positif l’idée d’intégrer des jeunes de quartier où des pandillas (bandes) s’affrontent parfois jusqu’à la mort. Cela signifie qu’ils peuvent se retrouver sur un terrain pour jouer, en respectant l’intégrité des uns et des autres. 

En pièce-jointe le dossier complet du projet social de ce club de football pas comme les autres....

Guylaine Perez

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