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Actualité des délégations régionales
Publié le 26-09-2016

Retour sur le Pique-Nique en Bourgogne le 25 septembre 2016


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Au menu enBourgogne-Jura le 25 septembre 2016 :
conférence, témoignages et bienveillance



Un pique-nique enBourgogne ? Vous voulez dire un rendez-vous organisé par Alineet son orchestre ? Il faut avoir un bon motif pour ne pas yaller ! Et c’est sûrement ce que se sont dit les 90 adulteset enfants qui étaient présents à Saint-Rémy ce dimanche 25septembre 2016, sous un chaud soleil de tout début d’automne.


Un pique-nique àSt-Rémy, c’est l’assurance de déguster de sublimes gougèresconfectionnées par Sylvie, une des « fidèles »d’Aline. La Bourgogne, ça fleure bon aussi le Saint-Véran et lePouilly-Fuissé. Les rendez-vous d’Aline enfin, c’est lacertitude de rencontrer des familles chaleureuses, qui ne se posentpas la question de savoir si elles vont venir ou pas, mais quis’interrogent sur le plat qu’elles vont confectionner pourl’apéritif : pizzas, quiches, cakes, feuilletés ou bienencore pour le goûter : gâteau au chocolat ou tarte au sucre ?Cannelés ou tarte aux mirabelles ?


Les quatre animateurs,Mélissa et Aurélien, (les enfants d’Aline et Francis), Marion etAntoine, connaissent le job par cœur quand ils prennent en chargeles trente-quatre enfants présents dont neufs ados/adultes. Pourl’organisation, aux côtés d’Aline et de Francis, les piliers deson équipe depuis 1994 : Agnès à l’artisanat et piñatas,Gilbert, soutien inconditionnel, dont sa femme Odette, n’avait paspu venir exceptionnellement, et depuis 1998, Sylvie, la spécialistedes gougères et piñatas. David, le cuisinier, et son épouse Cathy,polyvalente, qui ne ratent jamais ce rendez-vous depuis près de 19ans, n’étaient pas non plus de la partie pour raison de santé,mais nous avons tous bien pensé à eux.


Maryline et Nicolas, unnouveau couple de postulants « débutants » ont étéaccueilli avec chaleur et enthousiasme par tous les anciens parentsadoptifs habitués des lieux et du rendez-vous. L’année prochaine,eux aussi figureront sur les grands panneaux de photos confectionnés,(depuis 1994 à ce jour), par la plus ancienne déléguée de l’Apaecen France et surnommée Miss HOLA!. Au fur et à mesure des affiches,on voit les enfants grandir, les familles évoluer.


L’heure de l’apéritif(qui s’étiiiire en Bourgogne) est celle des retrouvailles maisaussi des questions. Aymeric se demande comment faire. Il estbinational et souhaite renoncer à sa nationalité colombienne car ilpense que cela lui sera préjudiciable dans la carrière qu’ilsouhaite embrasser dans la gendarmerie. Ses parents, Jean-Françoiset Sylvie, qui donnent régulièrement un coup de main à Aline, sontattentifs sur la démarche à effectuer.


Dominique et Jean-Marcsouhaitent effectuer un voyage dans le pays de naissance de leursenfants Karen et Diego l’été prochain. Ils s’apprêtent àdémarrer les demandes de cartes d’identité et de passeport auconsulat à Paris pendant les vacances de Toussaint. Après quelqueséchanges, ils apprennent que ce voyage serait vain. Diego seramajeur en février prochain. Ce qui reviendrait à lancer une carted’identité qui serait obsolète avant même d’avoir étédélivrée. Décision est prise de ne débuter toutes les demandesqu’à partir de sa majorité. En revanche, comme il a déjàeffectué sa Journée d’appel et de préparation à la défense,ses parents peuvent déjà en envoyer une photocopie légalisée àla mairie de leur domicile au traducteur assermenté de leur choixpour une traduction qui sera apostillée ensuite, première pièceindispensable aux démarches liées à la définition de la situationmilitaire en Colombie pour Diego. Dominique note et note encore, sansse départir de son sourire. On dirait bien qu’elle a les réponsesaux questions qu’elle se posait en arrivant au pique-nique.


Après le café, et unpetit temps laissé pour les clients du stand au profit de lafondation Lideres Constructores de Paz de Cali, Aline bat le rappelpour la conférence que je me suis proposée de faire. Un exposé entrois parties. La première concerne l’histoire du pays, avec enfil rouge les liens étroits et complexes entre violence,narcotrafic, guérilla, paramilitarisme et politique jusqu’à ladate historique du lendemain, lundi 26 septembre 2016. Ce jour-là,le président Santos signe en effet les accords de paix avec TimoleonJimenez, alias "Timochenko", commandant des Farc. Il estalors convaincu que les Colombiens voteront "oui" auréférendum du 2 octobre 2016, qu’il a souhaité afin de donnerune légitimité plus large à cet accord de paix. La deuxièmepartie porte sur des caractéristiques et remarques au sujet del’actuelle Colombie, et la troisième, plus légère, nous emmènetous à travers une visite en photos des différentes régions dupays.


Aussitôt après, unjeune de 23 ans, Iván veut témoigner. Il a été adopté à LosChiquitines à Cali par Agnès, aussi blanche que sa peau à lui estd’ébène. Iván avait 8 ans et demi, et n’avait jamais étéscolarisé. Ce jeune adulte à l’aise dans ses baskets et trèssympathique a entamé des études pour devenir comédien et pratiquele théâtre. Il s’exprime avec fluidité, tranquillement,clairement, et rend hommage à cette mère qui a été « lameilleure mère qui soit ». Agnès a de quoi être fière. Sonfils répond aux questions sans être jamais déstabilisé. « Non,être adopté par une mère célibataire n’a pas été unproblème. » D’ailleurs, il ne se souvient pas d’un pèrenon plus à Cali alors… « Non, être noir alors que sa mèreest blanche n’a jamais été une préoccupation non plus. »Quand il a dû faire face à des remarques stupides ou desmanifestations de racisme, il a simplement continué son chemin,entouré de ses copains : « que ces gens-là continuent deleur côté et moi du mien, et tout va bien comme cela. »dit-il en substance. Un témoignage rafraîchissant et si utile quandon a entendu tant de fois de futurs parents se préoccuper de lateinte plus ou moins foncée que pourraient avoir leurs futursenfants….


Juste après, Valérie etNicolas prennent place autour de la table. Heureux parents adoptifsde Juan-David depuis 2008, ils sont rentrés de Colombie avec sonpetit frère en mars dernier. L’annonce de l’attribution estarrivée pour Noël, joli signe pour un couple qui commençait àaccuser le coup de la longueur de la procédure et avait prévud’envoyer « à contrecœur » une lettre à l’ICBF en 2016pour annoncer qu’ils jetaient l’éponge ! C’eût étédommage…. Car cette famille-là, au complet avec leur secondgarçon, fleure bon le bonheur. Certains dans la salle revivent leuradoption pas si ancienne, d’autres, les postulants, rêvent de cemoment qui arrivera aussi pour eux, là-bas, ou ici. Car il y a aussibien sûr des familles ayant adopté en France dans la délégationet au pique-nique.


Le troisième témoignagesera apporté par Béatrice, et illustré par son mari Michel dequelques photos prises lors de leur voyage en famille cet été enColombie, avec leur fils cadet. Un moment émouvant durant lequelnous comprenons que les échanges entre leur fils cadet, un peu perdudans son chemin de vie, et d’autres jeunes adoptés, (il s’agissaitd’un voyage effectué par des familles adoptives), lui ont permisde réfléchir et d’avancer, tout comme le retour aux origines sousla forme des odeurs, des goûts et des sons familiers retrouvés. Cevoyage, le premier depuis l’adoption de leurs deux enfants en 2003,conçu comme un « rite initiatique » d’après la mère,a rempli son rôle au-delà de leurs espérances…


Avant de lancer lapiñata, Aline, en chef de délégation, clôture les débats etremercie les personnes présentes et celles qui auraient bien aimévenir mais ayant eu un empêchement majeur. Car seul un empêchementmajeur, comme on vous le disait au début, peut justifier un telmanquement. Une pensée positive pour eux avant de filer sur l’herbepour lancer les premiers coups qui délivreront les bonbons de lapiñata et autres surprises enfantines pour les plus petits de notregroupe.


On repart d’unpique-nique en Bourgogne avec le cœur gros. Pas dans le senspremier, pas parce qu’on est triste. Non, parce que l’on estheureux, au contraire, d’autant de générosité et de véritédans les échanges. On y sent de la solidarité, et l’assurance quel’année prochaine, ils seront tous bien là !


G. P.

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